SHUT DOWN FESSENHEIM
AND PHASE OUT NUCLEAR POWER

Home page > Presse
04/10/2009 : L'Alsace
Manif - Une ville divisée en atmosphères contrastées - Colmar ville morte


Colmar ville morte, en état de siège ou préservée de l’agitation ? Tout à la fois d’un quartier à l’autre, en fonction du quadrillage policier.

« La fréquentation du centre ville est habituelle pour un samedi », résumait hier après-midi un communiqué de la préfecture. La réalité est un peu plus complexe, surtout en fonction des quartiers : d’une rue à l’autre, quels contrastes entre le centre hypertouristique, la place de la Gare et toutes les zones tampons, en particulier les abords barricadés de la préfecture !

En première ligne face à la gare, l’hôtel Bristol : « On fait confiance, indique-t-on à la réception. Nous avons prévenu nos clients, mais aucun ne s’est décommandé et nous affichons presque complet. En revanche, les restaurants n’ont guère été fréquentés à midi… ».
« On a le droit d’aller à la boulangerie ? »

La plupart des autres enseignes de la place de la Gare avaient baissé le rideau : l’une d’elle était même protégée par de panneaux de bois. Avenue de la République, les commerces ouverts n’étaient pas rares, malgré les barrages filtrants de CRS qui suffisaient à dévier le flux de piétons vers les rues voisines. « On a le droit d’aller à la boulangerie ? » , demande une dame. « Pour accéder aux commerces c’est bon, mais pas pour aller place Rapp ou au Champ de Mars » s’entend-on répondre à certains barrages policiers, peu avant le début de la manifestation.

En fonction de la nature de l’activité, les commerçants de l’avenue de la République ont travaillé « correctement », comme l’esthéticienne de Body Minute, ou « très moyennement » à l’image de la pâtisserie Schmitt ou du salon de coiffure Saint Algue. « Mais bon, les CRS étaient plutôt courtois, je leur ai même offert des cafés, souligne Jean-Claude du bar Le Liberty. Et quelques manifestants sont venus boire un verre. Nous leur avons gardé un sac pendant la manif… ». « Et cela n’a pas explosé ! », plaisante Jean-Michel Kempf, qui admet avoir été inquiet (pas à cause du sac…) pour sa propriété voisine le temps de la manifestation.
« La clientèle locale a eu peur »

Boulevard du Champ de Mars, à l’enseigne de petite restauration Au P’tit Bonheur, le patron Gilles Hoffer regrette que les barricades isolent son bout de rue, et le privent de clientèle après midi : « On a eu des manifestants comme clients, et même des policiers, mais comme pour le Tour de France dès qu’on peut travailler on nous met des bâtons dans les roues… ». Un client et voisin, l’opticien Didier Bloch, est d’un avis similaire : « Ce déploiement de forces de l’ordre est peut-être excessif. La clientèle locale a eu peur et a évité le centre ville ce samedi ». Même son de cloche auprès de plusieurs commerçants, sédentaires ou non (au traditionnel marché du samedi après-midi), travaillant essentiellement avec des clients du secteur.

Les autres se frottaient les mains : les Allemands étaient bel et bien présents en masse au centre ville, comme chaque année lors de leur fête nationale : « Nous avions prévenu nos gros clients, autocaristes et groupes, expose Alexandre Willmann, chef du service accueil à l’office de tourisme. La plupart ont pu accéder au centre ville, même si semble-t-il tous les cars étaient contrôlés à l’entrée de la ville. A priori seulement quatre hôtels n’étaient pas pleins ce samedi à Colmar. On n’a certainement pas perdu beaucoup de touristes ».

« Pour nous qui ne travaillons pas tous avec les touristes, le premier bilan est beaucoup plus nuancé , conclut Vincent Houllé, président de la Fédération des commerçants de Colmar. Les manifestations devraient avoir lieu le dimanche : les salariés pourraient y aller… ».

Jean-Frédéric Surdey

> Retour à la liste des articles de presse


Réseau "Sortir du nucléaire" | Follow-up of the site's activity RSS 2.0 | Site Map | Contact