FESSENHEIM STILLLEGEN
FUR DEN ATOMAUSSTIEG

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04/10/2009 : L'Alsace
Manif antinucléaire : « On a l’impression d’être à un G20 »


Une bonne humeur générale, et intergénérationelle.

Convictions et bonne humeur additionnées, en dépit de forces de l’ordre surmultipliées, c’était l’équation antinucléaire gagnante, hier après-midi.

Il y avait un monde, hier dès 14 h, place de la Gare à Colmar, entre l’incroyable déploiement des forces de l’ordre et les manifestants antinucléaires, dont le pacifisme ne s’est jamais démenti (lire en pages Région). « Les gens sont impressionnés, ils vont même discuter avec les policiers », constatait Aline, « gilet jaune » du réseau Sortir du nucléaire. Plusieurs immortalisaient même la scène, « pour montrer aux copains ». « C’est du jamais vu , un record, selon Hélène, 59 ans, de Poitiers. J’étais à Colmar en 1970 pour empêcher la construction de la centrale, 35 ans plus tard on en est au même point ! Il n’y a rien à attendre des politiques… »

Dans une bonne humeur générale et intergénérationnelle, les anciens rompus aux mouvements antinucléaires côtoyaient les étudiants. Les drapeaux de Greenpeace, les étendards des Verts et ceux, rouges, du NPA flottaient de concert, sans faire d’ombre aux moult banderoles « Atomkraft, nein danke », « Stop Bure », « Sortir du nucléaire », entre autres. Et partout éclatait le jaune, sur les chapeaux à fleurs, les tee-shirts à message, les ballons… « C’est normal que tout le monde soit là, souriait Lucile, Strasbourgeoise de 20 ans. Les plus âgés sont venus pour leurs enfants et nous, on défend ce qu’on veut pour plus tard ».

Un message déjà bien passé auprès de Coline, 4 ans et Raphaël, 12 ans. Pendant des jours, avec leurs parents, Valérie et Gabriel, ils ont fabriqué des pancartes : « Fessenheim ras les couettes », « Fessenheim, on ne joue plus ». « Nous voulons cultiver notre jardin sans que ce qu’on mange devienne radioactif », expliquait la maman (les couettes, c’est elle), confiant son inquiétude quand au danger sismique et au réchauffement des rivières autour de Fessenheim.

S’éclairer à la bombe

En dehors d’une Suédoise de Bâle, de quelques Italiens et de Suisses, le rassemblement a attiré 1000 à 1500 Allemands, la plupart de Fribourg et des environs, venus en bus, par covoiturage ou à vélo, selon Axel Mayer, du Bund. « C’était très difficile d’arriver jusqu’ici, il y avait sans cesse de longs contrôles » .

« S’éclairer à la bombe nucléaire, est-ce bien raisonnable ? ». L’inquiétude n’a jamais empêché l’humour et celui-ci s’affichait sur les pancartes et perçait dans les happenings. Exécutée par Greenpeace, une ronde de fûts nucléaires et d’hommes préhistoriques renvoyait symboliquement les centrales à l’âge de pierre. A notamment suivi un cortège grimaçant de clowns et de paras grimés, bâillonnés, « morts vivants radioactivés » à la démarche de zombie… Succès mérité également pour les rengaines rock et « radicalement antinucléaires » des « Stop Bure Brothers n’sista ». « Ce dispositif sécuritaire, ça veut bien dire qu’on leur fait peur », relevait l’âme du groupe, Achille.

Histoire d’exercer leur liberté de circuler, les organisateurs avaient lancé comme mot d’ordre d’« occuper les allées ». Après quelques aller-retours, une petite centaine de manifestants s’est tranquillement déplacée vers le sud. En tête, une quarantaine d’anarchistes qui avaient été la cible, peu avant, de contrôles inopinés d’identité.

Sur les dents, les forces de l’ordre ont bloqué les issues pendant un bon bout de temps, avenue de Fribourg comme dans les rues adjacentes. « Une provocation, on n’est pas des casseurs ! » , soupiraient Éric et Marie, de l’Oise. On a l’impression d’être au G20 ! ». « On est pris en otage, je voudrais rentrer chez moi », lançait une Mulhousienne aux CRS impassibles. Le rassemblement s’est disloqué vers 17 h 30. Dans le calme, toujours.

Catherine Chenciner

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