FERMONS FESSENHEIM
ET SORTONS DU NUCLÉAIRE

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04/10/2009 : L'Alsace
Échos de manif


Organisation contrariée

Les organisateurs n’ont pas eu la tâche facile. En l’absence de cortège, il a été décidé de monter rapidement une scène place de la Gare. Sortir du nucléaire a pu compter sur ses soutiens habituels, dont deux des musiciens de HK et les saltimbanques qui sont aussi ceux du Ministère des affaires populaires (MAP). « Ils ont accepté de bloquer la date il y a un mois pour une confirmation au dernier moment ». Sollicitée pour une armoire électrique, des podiums, des barrières, la mairie a accordé, hier matin, cinq poubelles et, in extremis, l’autorisation de vendre de l’alcool.

« Effrayée »

Une citoyenne allemande s’est dite effarée en voyant tant de forces de l’ordre à peine la frontière passée et sur les axes routiers. Elle compare avec l’Allemagne, où il lui semble exister d’avantages de démocratie et de place pour exprimer ses idées. Elle craint aussi que, suite aux élections récentes, le nucléaire soit à nouveau relancer outre-Rhin. Du côté d’Antoine Waechter, on a pu entendre cette estimation : si l’on donnait un costume civil à chaque policier, on arriverait à « 30 000 manifestants ».

Les plats du fromager

Jacky Quesnot, le fromager de la rue Saint-Nicolas, et son épouse Christine, longtemps très impliqués dans Alsace Nature, ont notamment manifesté contre le nucléaire à Colmar en 1977. « À l’époque, le mouvement était structuré, mais pas aussi ample », note-t-il. Son militantisme, il estime l’avoir transposé dans son entreprise, en privilégiant la qualité humaine et le développement durable. « Il y a d’autres formes d’action que la manif. Les prises de conscience se généralisent ». Pas trop éloigné du mouvement non plus, il a livré les repas aux organisateurs hier, midi et soir.

Un Français en Allemagne

Thierry Casetou, un Français installé depuis 1976 en Allemagne, élu cette année au conseil municipal de Vieux-Brisach, n’a pas été surpris outre mesure par le dispositif policier français : « C’est normal, je suis d’origine parisienne ». Avec Papon comme préfet (1958-1967), il est vrai que les Parisiens en ont vu d’autres…

Paradoxe

Hans Schwab, militant écologiste, aura eu cette boutade hier en évoquant le combat mené dans les années 1970, conduisant les autorités françaises et allemandes à mettre un peu d’eau dans leur vin : « Notre vigilance a eu un impact sur le comportement des autorités. Sans nous, ça aurait peut-être pété. Mais paradoxalement, nous avons contribué à la longévité de la centrale de Fessenheim ».

Règlement de compte

Pour les militants écologiques qui ont connu les grandes mobilisations des années 1970, pas de doute, Gilbert Meyer règle ses comptes. Car le maire de Colmar fut, à ses débuts, secrétaire général de la mairie de Fessenheim. « Il nous en veut pour ça », lâche un militant.

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