03/10/2009 : L'Alsace
Colmar : veillée d'armes avant le rassemblement antinucléaire «européen»La préfecture du Haut-Rhin et le réseau «Sortir du nucléaire» (SDN) se sont préparés vendredi, chacun de leur côté, à un «rassemblement européen» organisé samedi à Colmar pour réclamer la fermeture de Fessenheim, la doyenne des centrales nucléaires françaises.
Les prévisions de participation à cette manifestation anti-nucléaire, à laquelle ont appelé plus de 80 organisations dans toute l'Europe, varient, selon les sources, de quelques milliers à 35.000.
«Nous sommes plutôt calibrés pour une manifestation de 20-30.000 personnes», a indiqué le préfet du Haut-Rhin, Pierre-André Peyvel, en refusant de chiffrer les forces de police mobilisées. Celles-ci devraient «tourner autour des 3.000 hommes», selon une source à la mairie de Colmar (70.000 habitants).
«Notre objectif est d'assurer le bon déroulement de la manifestation en nous assurant qu'elle ne perturbe pas trop la vie quotidienne» du chef-lieu du département, a-t-il ajouté. «Dire que Colmar sera samedi une ville rendue étanche par les services de police est une image fausse», selon lui.
L'accusation avait été lancée dans la semaine au représentant de l'Etat par les anti-nucléaires, dont une vingtaine ont brandi, bâillonnés devant la mairie, des affichettes «Nucléaire: démocratie bafouée».
«On nous a empêché de venir manifester devant la préfecture. On a voulu nous parquer dans un stade», s'est indigné l'un des portes-parole du réseau SDN, Denis Vernet.
«Nous craignons le comportement de certains manifestants qui viendront de loin», a par ailleurs indiqué le directeur de la sécurité publique du Haut-Rhin, Jean-Christophe Bertrand. «Mais nous ne sommes pas dans le syndrome Otan», a ajouté le préfet Peyvel.
Lors du dernier sommet de l'Otan à Strasbourg, de violents incidents avaient éclaté près de la frontière franco-allemande et plusieurs dizaines d'arrestations avaient été effectuées.
Le directeur du réseau SDN, Philippe Brousse, a par ailleurs affirmé en citant une «source interne à EdF», que la troisième inspection décennale de Fessenheim, qui vise à reconduire au-delà de 30 ans l'exploitation de la centrale, «débuterait demain» (samedi). Il a aussitôt été démenti par EdF.«Nous ne confirmons pas le début de la visite» décennale, a indiqué une porte-parole de l'électricien jointe par l'AFP.
Entrée en service en 1977, la centrale de Fessenheim est la plus ancienne centrale nucléaire de France. Les antinucléaires réclament régulièrement sa fermeture, mettant en exergue les risques sismiques et d'inondation ainsi que de multiples incidents qu'ils attribuent à sa vétusté.
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