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03/10/2009 : Dernières nouvelles d'Alsace
La place de la gare se prépare


A la veille de la manifestation, les commerçants de la place de la gare à Colmar ne cachent pas leurs appréhensions. La majorité d'entre eux ferme, les autres restent ouverts, par nécessité.

Le Bristol est aux premières loges : les 95 mètres de vitrines en façade du grand hôtel, complet ce week-end, et de ses restaurants bordent la place de la gare.

« On fait confiance aux forces de l'ordre »

« On ne peut pas fermer, c'est le plus gros week-end de l'année, le plus important, en raison notamment du jour férié en Allemagne, explique Richard Riehm, le patron. On a des appréhensions mais on ne va pas dramatiser, c'est une manifestation pacifiste. On aura un service d'ordre interne et pour le reste, on fait confiance aux forces de l'ordre. »

Si le Relais de Chasse va fonctionner, la terrasse en revanche ne sera pas sortie. Leur vitrier se tient quant à lui prêt à intervenir, en cas de problèmes.
Les tatoueurs-perceurs de Moko ' Co ont eux décidé de protéger d'emblée leur vitrine par des panneaux de bois occultants : « La mairie a fini par nous dire qu'il était préférable de prévoir le scénario catastrophe. Même si on est bien assuré, on n'a pas envie de perdre notre outil de travail », justifie Philippe Roth.

Avec Pascal Ridart, le gérant, ils ont finalement décidé jeudi soir de protéger la devanture. Philippe Roth, militant pour l'environnement dans sa jeunesse, aujourd'hui président de l'antenne locale d'Alter Ego, pour l'égalité des droits, encourage néanmoins la tenue de la manifestation : « Les écolos ne me font pas peur, mais on craint les extrêmes, ceux qui viennent pour casser comme on a déjà pu le voir ailleurs. » Il invite les militants à investir cet espace d'expression libre constitué par les panneaux, sur le thème du nucléaire.

Sébastien Berschy, au Grillon, préfère « perdre une matinée, on ne sait jamais. » Ses habitués viennent pour la plupart en voiture, ils ne pourraient de toute façon pas stationner. Même son de cloche chez Tuncay Gurburg, patron du döner de la place : « Même moi je ne pourrais pas garer ma voiture. Et puis on ne sait pas à quoi s'attendre. »

Le buffet de la gare ferme aussi, de façon préventive, indique son responsable d'exploitation Denis Zeigin : « C'est plus sage. » Et tant pis pour le potentiel client : si jamais il y a débordement, on ne pourra pas suivre, ajoute-t-il.

Tous espèrent qu'il n'y aura pas de violence

Le salon de coiffure Goudez, à l'angle de la rue Gambetta, sera lui ouvert, la pharmacie du début de l'avenue Raymond Poincaré aussi, le matin comme tous les samedis. Sa voisine de Magichien, Christelle Mathis, a elle vidé la boutique : « Je crains les débordements ce n'est pas la peine que j'ouvre, les clients ne pourront pas venir. »

Marie-Gaëlle Faoro, fleuriste de Mademoiselle Rose, ferme également : « Le quartier est bouclé, et s'il y a beaucoup de manifestants, ils ne tiendront pas place de la gare. » Qu'ils ouvrent ou qu'ils ferment les commerçants de la place de la gare partagent tous la même incertitude et espèrent qu'il n'y aura pas de violence.

Myriam Ait-Sidhoum

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