03/10/2009 : Dernières nouvelles d'Alsace
Le principe de précaution appliqué aux manifestationsLes autorités assurent vouloir faire cohabiter au mieux le rassemblement européen antinucléaire qui se tient cet après-midi place de la Gare à Colmar et la vie quotidienne des habitants et des touristes.
Entre un principe de précaution inscrit dans la Constitution, la nécessaire sécurité des biens et des personnes et l'attention pressante de l'Élysée, le métier de préfet relève parfois de l'équilibrisme. Surtout lorsque le représentant de l'État se retrouve confronté à une manifestation dont il ne maîtrise pas tous les paramètres.
Comment se montrer prêt à affronter l'imprévisible sans attiser la tension en donnant l'impression d'en faire trop ? C'est cet exercice difficile auquel s'est prêté hier le préfet du Haut-Rhin au sujet du rassemblement européen antinucléaire prévu cet après-midi place de la Gare à Colmar. Exercice d'autant plus délicat qu'il estime avoir affaire avec « des organisateurs peu fiables ».
« L'accès à la place Rapp sera interdit aux manifestants »
« Colmar ne sera pas une ville close. L'accès au centre-ville sera libre », tient à préciser Pierre-André Peyvel en répétant que son objectif est que « la manifestation et la vie quotidienne puissent suivre leur cours en même temps, sans difficulté ».
« Pour faire cohabiter un bon déroulement de la manifestation avec la vie sociale, le dispositif de circulation et de sécurité ne sera pas figé mais évolutif », complète Jean-Christophe Bertrand, le directeur départemental de la sécurité publique du Haut-Rhin. Et d'expliquer que les restrictions prévues au niveau de l'avenue d'Alsace ne devraient pas être mises en oeuvre immédiatement, le dispositif pouvant évoluer au cours de la journée en fonction de la forme que prendra le rassemblement de la place de la Gare. Seule certitude : « L'accès à la place Rapp sera interdit aux manifestants ».
« Il n'y a pas de syndrome Strasbourg »
Les bus transportant les manifestants seront pris en charge par des motards de la gendarmerie nationale dès leur arrivée aux portes de la ville puis escortés jusqu'à la route de Rouffach où ils seront parqués. Le parking de la gare routière près de la gare sera également neutralisé pour permettre aux autocars de se garer.
Le poste de commandement de la préfecture sera opérationnel dès 8 h ce matin et jusqu'à la fin de la manifestation. « Il n'y a pas de syndrome Strasbourg », redit le préfet Peyvel en indiquant que Colmar n'accueillait pas aujourd'hui des chefs d'État et que « les groupes de casseurs annoncés » n'étaient pas les mêmes que ceux qui avaient opéré lors du sommet de l'OTAN.
« Le principe de précaution est appliqué dans d'autres situations, il n'y a pas de raison qu'il ne le soit pas ici », conclut le commissaire Jean-Christophe Bertrand.
Franck Buchy
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