SHUT DOWN FESSENHEIM
AND PHASE OUT NUCLEAR POWER

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05/10/2009 : Le Point
Fessenheim: manifestation sous haute surveillance d'anti-nucléaires à Colmar


Par Robert KOCH

Plusieurs milliers d'anti-nucléaires --plus de 10.000 selon les organisateurs, 3.500 selon la préfecture-- ont manifesté samedi à Colmar, en présence d'un impressionnant dispositif de sécurité, en faveur d'une fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), a constaté l'AFP.

Aucun incident n'est venu perturber ce "rassemblement européen" tenu sous un soleil radieux devant la gare ferroviaire et auquel a participé une foule bigarrée et bon enfant venue de toute la France mais également de l'Allemagne et de la Suisse voisines, d'Italie et d'Espagne à l'appel d'un réseau "Sortir du nucléaire" (SDN, 80 organisations et associations).

La manifestation avait été placée sous haute surveillance par les pouvoirs publics qui ont déployé de très importantes forces de police --3.000 hommes, selon une source municipale-- aux abords de la gare, distante de seulement quelques centaines de mètres de la préfecture et de la cour d'appel.

Des dizaines de véhicules de CRS et de la gendarmerie mobile --camionnettes, motos, véhicules-bélier et lances à eau-- avaient été positionnés dans les rues adjacentes à la gare et derrière des barrières anti-émeute en acier hautes de près de 3 mètres tandis qu'un hélicoptère de la gendarmerie tournait au-dessus des protestataires.

Des policiers allemands, en uniforme et l'arme à la ceinture, ont également été aperçus au contact de la manifestation qui s'est finalement disloquée dans le calme vers 18H00.

"C'est un succès et la question de la fermeture de Fessenheim est maintenant clairement posée", s'est félicité Denis Vernet, l'un des porte-parole du réseau SDN, co-organisateur du rassemblement avec le "Bund", mouvement anti-nucléaire allemand qui revendique 360.000 adhérents.

Une délégation de huit personnes a été reçue par le préfet Pierre-André Peyvel auquel a été remis une motion exigeant une fermeture "immédiate" de la centrale alsacienne.

La délégation a parallèlement dénoncé des "manoeuvres injustifiées et inadmissibles" de la police aux frontières allemande et suisse où, selon elle, des cars de militants auraient été "bloqués".

La préfecture a démenti, tout en reconnaissant que des "contrôles" avaient été effectués aux points de passage sur le Rhin. Selon des témoignages directs recueillis au téléphone par l'AFP, ces contrôles auraient été "particulièrement tâtillons".

"Il fallait ralentir l'arrivée des militants à Colmar", a estimé le réseau SDN qui, dans la matinée, s'était indigné du dispositif de sécurité mis en oeuvre. "On veut faire croire que l'insécurité, ce sont les anti-nucléaires. En fait, c'est l'industrie nucléaire et le pouvoir politique qui utilisent l'intimidation et la répression", avait estimé M. Vernet.

Vendredi, le préfet Peyvel avait fait état d'un dispositif "calibré" pour une manifestation de 20.000 à 30.000 personnes mais s'était refusé à chiffrer les forces de police mobilisées.

Pour Olivier Besancenot, apparu entouré de nombreux militants du Nouveau Parti anti-capitaliste, "on a un gouvernement qui se repeint en vert sur le Grenelle de l'environnement et qui, à Colmar, empêche de fait une manifestation de se dérouler sur la question du nucléaire".

Entrée en service en 1977, Fessenheim est la doyenne des centrales nucléaires françaises. Les anti-nucléaires réclament régulièrement sa fermeture en arguant de sa "vétusté" tandis que le gouvernement souhaite, au contraire, en prolonger le fonctionnement.

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