FESSENHEIM STILLLEGEN
FUR DEN ATOMAUSSTIEG

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03/10/2009 : L'Express
Des milliers d'antinucléaires à Colmar


Quelques milliers de manifestants ont célébré à leur manière la plus vieille dame du parc nucléaire français, la centrale de Fessenheim. Sans incidents.

Plusieurs milliers de manifestants, 3500 selon la police, entre 5000 et 10 000 selon les organisateurs, principalement français, allemands et suisses, se sont rassemblés ce samedi devant la gare de Colmar pour demander la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, la plus ancienne du parc électronucléaire français.

Mot d'ordre du rassemblement, résumé par une banderolle: "Pas d'acharnement thérapeutique pour la plus vieille centrale de France".

Peu avant 16 heures, les manifestants se sont allongés sur le sol pendant que retentissait le hurlement d'une sirène, selon la tradition du die in (mimer la mort, NDLR) qui veut attirer l'attention sur les conséquences humaines que pourrait avoir une catastrophe nucléaire.

Une délégation de manifestants a été reçue dans l'après-midi par le préfet Pierre-André Peyvel.

La ville de Colmar avait été placée dans un quasi état de siège, pour éviter tout débordement.

"De très nombreux manifestants ont été bloqués à l'extérieur de la ville et en particulier aux frontières pour les manifestants allemands et suisses", a affirmé dans un communiqué Sortir du nucléaire, qui organisait l'opération.

La préfecture a démenti tout refoulement aux frontières, "au contraire, selon un porte-parole du préfet, les autocars ont été guidés par des motards pour pouvoir accéder aux rassemblement".

Besancenot et les dangers du nucléaire

La manifestation a en revanche donné lieu à de nombreux embouteillages, la plupart des accès autoroutiers à Colmar étant fermés et un périmètre d'environ deux kilomètres autour de la gare étant interdit à la circulation. Des policiers équipés de barrières anti-émeutes gardaient les axes stratégiques, "une situation ubuesque", selon le sénateur Vert du Haut-Rhin, Jacques Muller. "Elle montre la réalité: le nucléaire, c'est tabou. La démocratie se retrouve bafouée", s'est-il indigné.

Olivier Besancenot a fustigé de son côté "un gouvernement qui se repeint un minimum en vert sur le Grenelle de l'environnement et qui empêche, de fait, une manifestation qui se déroule sur la question du nucléaire". "Le nucléaire, ça reste dangereux, ça reste polluant et ça reste une source de 'business'", a conclu le porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), qui participait à la manifestation.

La manifestation s'est tenue à quelque jours du début de la troisième visite décennale de la centrale de Fessenheim, un bilan de santé qui dira si ses deux réacteurs de 900 mégawatts sont aptes à fonctionner dix années de plus.

Mise en service au bord du Rhin en 1977, elle est pointée du doigt depuis trois ans par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), l'organisme de contrôle des activités nucléaires civiles, qui relève des "écarts" vis-à-vis des règles d'exploitation plus nombreux que dans les autre centrales hexagonales.

L'ASN a néanmoins jugé dans son rapport 2008 que le site était "en progrès". Son président, André-Claude Lacoste, estimait en novembre dernier "très improbable" que l'ASN préconise une fermeture de l'installation lorsqu'elle rendra son avis début 2011.

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