08/10/2009 : Dernières nouvelles d'Alsace
L'Alsace doit donner l'exemple« Le monde doit diviser par deux ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050 pour limiter l'augmentation de la température terrestre à + 2°c à l'horizon 2100. A + 2°c l'essentiel sera préservé. Au-delà, les conséquences seront dramatiques pour la nature et l'homme lui-même.
Le danger se manifeste déjà : écosystèmes ravagés, événements climatiques extrêmes, hausse du niveau des océans. La sécurité alimentaire, l'accès à l'eau ou à la terre sont menacés. En Afrique, en Asie centrale, en Asie du Sud-Est, dans de nombreux pays insulaires, des centaines de millions de personnes seront poussées à l'exode.
Les pays industrialisés portent une responsabilité historique dans l'accumulation de gaz à effet de serre depuis plus de 130 ans. Ils disposent de capacités techniques et financières considérables et doivent faire les premiers pas.
L'élection d'un président américain ouvert à ces préoccupations est une chance, tout comme le nouveau volontarisme des Japonais, le plan exemplaire adopté par les Suédois ou les efforts substantiels -bien qu'insuffisants- de l'UE.
Ces pays devront aider les pays en développement à limiter leurs émissions et à s'adapter aux effets du changement climatique. Les besoins d'ici à 2020 sont d'environ cent milliards d'euros par an : moins de 10 % des dépenses militaires mondiales.
Ceux qui ne veulent pas agir objectent qu'il appartient aux pays émergents (Chine et Inde) de se montrer plus ambitieux ou que les Américains n'évoluent pas assez vite. Cela est en partie vrai mais c'est parce que chacun a attendu l'autre pendant près de vingt ans qu'aucune action d'envergure n'a vu le jour jusqu'à présent ! Et puis, l'Europe est responsable de près de 20 % des émissions mondiales. Un engagement vigoureux de sa part produira un effet d'entraînement.
Une chance pour notre région
Et l'Alsace dans tout cela ? Elle émet bon an mal an environ 18 millions de tonnes équivalent CO2. C'est peu mais cela ne doit pas dissuader d'agir. Par chance, elle possède les caractéristiques nécessaires à l'élaboration d'un plan régional exemplaire :
- un territoire compact, propice au développement massif des transports collectifs ;
- une richesse qui, malgré la crise, n'a pas disparu et permettrait de financer un grand projet stimulant pour son économie ;
- une agriculture apte à se réorienter structurellement vers une production de proximité ;
- un goût prononcé de ses habitants pour la protection de l'environnement et la solidarité ;
- des universités et écoles de grande renommée ;
- un tissu associatif dense, militant et compétent.
Si nous en avons la volonté, ce plan permettra de démontrer qu'une région sobre en carbone est tout à fait viable, y compris sans recours au nucléaire, dont chacun connaît les dangers.
Ce plan devra être précédé d'un vrai débat public permettant de dégager un large consensus sur la nécessité d'agir dans ce sens. La conférence de Copenhague (en décembre) et les élections régionales de mars 2010 nous offrent cette chance historique. Il nous appartient de la saisir ».
J.-M. A.
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